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Faire le point sur ma pratique

10/6/2024

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Dans le cadre d’un cours d’université intitulé « Élaboration de scénarios pédagogiques » je tente d’améliorer ma pratique par l’intégration de nouvelles activités.
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Le titre du travail est « Faire le point ». Cet épisode « Podcast du prof » est donc mon premier devoir qui se divise en deux parties :

1 – Prise de conscience à propos de ma pratique actuelle (à l’égard de la pédagogie active) 

-Ce que je fais bien
-Ce qui est à travailler
-Chasser le dragon

 
2 - Des pistes d’amélioration
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-Ce que je vise
-Ce que je tente présentement de mettre en place 
Médiagraphie

Drolet, V. (2024). Le casse-tête d’expertise : transformer les élèves en experts et expertes pour renforcer leur apprentissage, Eductive, 15 mars 2024, repéré le 6 octobre : https://eductive.ca/ressource/le-casse-tete-dexpertise-transformer-les-eleves-en-experts-et-expertes-pour-renforcer-leur-apprentissage/#:~:text=La%20m%C3%A9thode%20est%20con%C3%A7ue%20pour,d'un%20sujet%20plus%20vaste.
 
La pédagogie active : comment faire?, Youtube, 10 janvier 2020, repéré le 6 octobre : https://www.youtube.com/watch?v=wKxIgvbAAk0,
 
Herling, F. (Année manquante) Dynamiser et rendre actif son enseignement, HEC Montréal, Coup de pouce pédagogique No.4, 6 pages
 
Impliquer les élèves pour donner du sens aux apprentissages, Youtube, 9 octobre 2015, Publié par Écolhuma, Repéré le 6 octobre 2024 : https://www.youtube.com/watch?v=H97lBOO30B0
 
Normand,L. (2017). Les apprentissages actifs, une question de risques… calculés, Pédagogie collégiale, volume 3, 8 pages
 
Romero, M. (2023)  Modèle passif-participatif, Université Côte d’Azure, En ligne : Modèle passif-participatif – Margarida Romero, page consultée le 5 octobre 2024.  
 
Tremblay, S. (2013). La conception universelle de l’apprentissage en enseignement supérieur : Principes, applications et approches connexes. Repéré à https://disabilitystudies.nl/sites/default/files/beeld/onderwijs/la_cua_en_enseignement_superieur_-_principes_applications_et_approches_connexes_quebec.pdf

Tremblay-Wragg, É. et Carole Rabby. (2014). Recourir à une variété de modèles d’enseignement, Le tableau, Volume 3, numéro spécial, 2 pages

Tremblay-Wragg, É. et al. (2019). La diversification des stratégies
pédagogiques à l’université : Quelques exemples d’application dans la salle de classe,
Le tableau, Volume 8, numéro 2, 2 pages


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Le rêve du dragon serpent

6/18/2024

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​Mon cadeau de la fête des Pères cette année compte parmi mes plus précieux. C’est certain que j’ai le bricolage obligatoire de l’école fait avec les mains de mon fils. C’est appréciable, le tout demeure un peu « standardisé » et avec une part d’hilarité.
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Cette année c’est un acrostiche avec mon prénom… PIERRE-PHILIPPE.
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Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de mon fils, il a ouvert sur « Péteur » pour le premier P et quand je lui ai dit « ce n’est même pas vrai! » il a juste rigolé en disant « mais qui va te croire toi? ».
« … »
 
Il a également mis un « Effrayant » pour un E (que doit penser sa prof de moi? Péteur et maintenant effrayant). Mais c’est dans le sens de « faire peur aux monstres ».
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Bref, une large part de rire pour la fête des Pères. 
Il a cependant été capable de me toucher droit au cœur. C’est sans doute sur la question d’effrayer les monstres que mon fils est le plus attendrissant. C’est son sentiment d’être important à mes yeux et d’être protégé.

Il me parle d’un cauchemar récurrent, celui du « dragon-serpent ». C’est une figure inquiétante à la fois primale (le serpent est le plus vieil ennemi du singe), mythologique (c’est le diable ou l’antagoniste dans presque toutes les histoires) et le monstre qui garde le trésor. C’est une figure souvent qui représente le chaos qui s’oppose à l’harmonie et l’ordre. Canaliser son propre chaos, c’est une  grande richesse et l’aventure d’une vie.  
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Je reproduis ici son histoire. 
Le rêve du grand dragon- erpent

C’est le cauchemar que je déteste le plus.
C'est celui du grand dragon serpent. 
​Il voit toujours, chasse toujours, gronde toujours... 
Quand il me chasse, je ne peux rien faire.
Il me rattrape toujours, c’est un monstre trop puissant. 
Puis soudain, tu es là, tu combats le grand dragon serpent.
Tu le stoppes, tu es souriant, puis tu meurs.
Je sais que je devrais être triste, mais un père, ça sert à ça.
C’est à cause de ça que mon cauchemar est juste un rêve.
Merci mon papa.
Le seul bout improbable est le suivant : « tu es souriant ».

Ce qui me touche sans doute le plus c’est la reconnaissance de mon rôle de père d’incarner l’adulte qui protège et qui donne un sentiment de sécurité (je reconnais que c’est traditionnel). Plus encore, mon fils garde la conviction de mon sacrifice sans trace d’hésitation pour assurer sa protection. Il va plus loin avec le « un père, ça sert à ça ». Ce qui me donne le meilleur sentiment, c’est que c’est intériorisé de manière inconsciente en lui et que la figure paternelle se manifeste directement pour lui donner confiance et le protéger.

J’imagine que c’est une large part de l’éducation que de porter ce sentiment. Je souhaite qu'il arrivera à développer un sentiment de sécurité similaire chez les autres. Je sais très bien qu’un parent d’un autre genre et d’un autre sexe peut incarner la figure du « protecteur » dans l’imaginaire des enfants.

Reste que pour moi, l’histoire du dragon serpent est mon cadeau préféré pour célébrer la fête des pères 2024. 
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Sortir dans le quartier gai

3/10/2024

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« Avec mon look de barre de savon, aussi blanc qu'Ed Sheeran sur un cycle de stéroïdes lors d'une exploration polaire »
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J’ai passé une soirée unique dans le quartier gai à Montréal. Guidé par un ami, un ancien étudiant, qui est non seulement intéressant, mais très compétent en termes de « culture gai ». Mon exploration terrain avait d’abord pour but de trouver une activité potentielle pour remplacer la « visite-expérience » à la vieille prison de Trois-Rivières, mais également de tout simplement observer in situ les interactions au sein de la sous-culture. Notre plan de soirée allait comme suit : se nourrir, prendre quelques verres dans des établissements et clore avec un spectacle de drags ou auprès de travailleurs du sexe.
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Le plus loin où je suis à l’aise à accompagner un groupe d’étudiants, ce serait un spectacle de drag-queens. Pour ma part, tant que je suis en sécurité et lucide, je suis prêt à m’aventurer relativement loin au pays des merveilles. Sur cette base, voici mon compte-rendu de mes quelques heures de ce que j’ai surnommé avec affection la « gaiventure ».


Avertissements

1 – Bien que je surnomme cette incursion la « gaiventure », ceci est strictement humoristique. Mon travail est notamment d’enseigner l’ouverture aux autres et la tolérance, mais je me contre-fiche sincèrement de ce que les autres personnes font de leur intimité. À moins que l’on me courtise éhontément ou m’agresse, les pratiques, croyances ou orientations des autres ne sont jamais une barrière pour l’identité et les interactions. Les déviances sexuelles, les travailleuses et travailleurs du sexe, la marginalité constituent un "petit mardi" dans un cours de sociologie.

2- Je présume qu’il y a autant de manières de vivre son homosexualité que d’homosexuels. Le but n’est pas ici de « réduire l’homosexualité », mais bien de tenter d’identifier des faits marquants propres à la culture de ce quartier (en quelques heures).

2- Sur la question des identités et des biais d’observation, je suis un cisgenre très blanc et très classique. Malgré mes meilleurs efforts, ma présence tend à agiter l’environnement et mon orientation sexuelle est rarement un mystère. Je vais faire de mon mieux pour ne pas ressortir comme un gars qui porte un « turtle neck à manches longues » dans un camp de nudistes.

3- Mon but était de noter des observations sociologiques sur les différences entre la culture ambiante (la norme) et la sous-culture du village gai. Comme j’ai grandi dans un milieu traditionnel cisgenre, j’ai confiance que les différences vont ressortir à plein. 


Étape 1 : Le souper

Rien de spécial, nous soupons dans un restaurant. Deux hommes ensemble et tout est adéquat. Nous sommes un peu nerveux, car dans notre hiver de printemps, nous tombons sur une journée « normale », c’est-à-dire froide et la foule ne semble pas être abondante.

Étape 2 : Le premier établissement « Le choc de la typologie »


Un charmant petit bar avec du monde sans que l’on étouffe. Je tente d’y aller de discrétion, mais je suis remarqué un peu malgré mes efforts. Le personnel est professionnel et je note une abondance d’hommes barbus. La pilosité est forte ici et mon look de « bar de savon » détonne un peu. Des types ordinaires et charmants et certains décochent des regards plus insistants, mais sans plus. Mon ego intervient alors :

« Pourquoi j’ai l’impression de perdre un concours dont je ne comprends pas les règles? » Mon complice m’explique alors le premier des faits qui m’étaient inconnus (je suis ce que mon fils appelle un « noob en culture gai »).

Moi, tout ce que je sais, c’est la différence entre « top » et « bottom » (sans même traîner mon dictionnaire anglais-français!).

Mon complice m’explique la typologie des hommes gais. Mon ami serait un « bear » (un homme en chair et velu). Il serait plus du type « buff-bear » parce qu’il passe visiblement du temps au gym. L’établissement est donc un lieu de rencontre pour les « ours » qui composent la majorité de la clientèle. L’idée me semble sympathique et efficace, on sait ce que l’on cherche et ce que l’on veut, « to each is own », comme disent les Américains. Il existe une variété de physiques et de préférences, je vais laisser un lien dans les notes pour les gens intéressés à la typologie.

Plus tard dans la soirée, je croise des hommes torses nus au bar, ce qui me trouble. Je me concentre sur mon verre et me réfugie dans un souvenir heureux. Jamais en février, dans un établissement « straight » me prendrait l’idée de me dévêtir ou d’imaginer quelqu’un torse nu. Ici c’est possible et des clients témoignent de l’affection en torse.

Dans l’ensemble les gens sont décontractés, accueillants, rieurs, la soirée est agréable.

Pourquoi je me sens aussi bien ?

 
Étape -2 : Nous enchaînons avec un bar plus commercial et branché.


Enfin j’ai ma vengeance. Ne dit-on pas qu’il faut être prudent avec nos souhaits? Je ne comprends pas grand-chose de la typologie du milieu, mais ici j’attire beaucoup plus les regards. Après le « bear », c’est le tour d’exploiter mon look de « foxy boy » blanc comme Ed Sheeran sur un cycle de stéroïdes lors d’une expédition polaire. Sauf qu’ici c’est plus chaud qu’en montagne. Plus de clients, du personnel avec le torse exposé (ma fixation du jour) et des constats qui vont saisir mon imaginaire.


  • Les gens sont beaucoup plus directs ici (ce qui explique une part de mon sentiment de bien-être). Je dirais que la séduction existe sans contredit, mais disons qu’ici les cartes sont posées face visible sur la table.
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  • Les couples discutent très ouvertement et l’agressivité est pratiquement absente entre les clients. Un autre morceau de mon sentiment de bien-être émane de ce fait : pas d’accrochage, pas de gars agressif qui veut m’essayer, j’identifie mal la sécurité de l’établissement.
 
La frontière finale (le bar de danseurs)


Dernier arrêt, l’établissement pour adultes avertis. Je suis toujours perplexe à mettre les pieds dans ce genre de lieu. Est-ce que je participe à l’exploitation des travailleurs du sexe en m’y présentant ? Me répétant « À Rome, on fait comme les Romains » (en excluant les saunas) je décide de terminer la soirée devant ce spectacle. Plusieurs faits vont me surprendre ici : les travailleurs du sexe viennent discuter avec nous et sont ouvertement intéressés quand nous expliquons que je fais des observations sociologiques. On nous offre certainement des danses (après tout, les travailleurs sont au travail), mais la cordialité dépasse de loin mes attentes.

 Certains feront même des révélations percutantes : notamment que beaucoup de femmes sortent dans le Village parce qu’elles s’y sentent plus facilement en sécurité… Paradoxe parce que je trouve le même genre de confort, même si la violence ne m’impressionne pas le moins du monde. Je dois admettre qu’il serait très difficile « d’achaler une femme » dans ce genre de lieu, alors on aborde différemment et les gens sont généralement plus polis.

Comme espace qui abrite une sous-culture, le village offre donc des espaces alternatifs même aux hétérosexuels. Ceci est donc une belle découverte!

Fait intéressant: c’est un des buts explicites du quartier que d’offrir un espace inclusif, respectueux dans lequel l’équité est importante. Pour ma part, c’est un succès.

Une seule fausse note dans ces moments d’échanges très ouverts et dans ces lieux où les règles ne sont pas les mêmes: l'abondance de flirt, l’ouverture sur les corps, les genres et les manières de séduire se paient à un certain prix. L’impression demeure: trouver du plaisir est relativement facile, mais que de trouver et garder l’amour l’est beaucoup moins. On nage ici dans l’abondance, l’acceptation et les tentations. « On peut toujours trouver mieux » résume bien le sentiment. 
 Sources
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Le site officiel du Village
https://www.villagemontreal.ca/
 
Sur la typologie des hommes gais 

https://www.maylwear.com/blogs/news/gay-men-which-type-are-you
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Aimer les hommes tout en détestant ce qu'ils aiment

3/2/2024

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Des mois de silence et cette grande distance qui sépare des autres. Traverser des périodes d’isolement permet parfois de retrouver ce qui est fondamental. Cet état est une tension permanente entre deux pôles qui semblent souvent irréconciliables.

D’une part il y a l’amour des autres, la gentillesse, la bienveillance, les contacts avec l’humanité sous toutes ses formes par l’aspect unique et précieux de chaque personne. Être un humain, insignifiant et fragile, « un singe presque glabre qui flotte à la dérive sur un caillou dans l’espace ». Par l’humilité et la contemplation de nos défauts et nos fautes, l’exploration des limites fragiles sont des choses importantes qui facilitent l’amour des autres.

L’autre côté est que l'amour est difficile quand on constate la presqu'indifférence aux souffrances éloignées, l’intérêt pour les choses vaines, viles, superficielles et les conversations vides qui constituent un ensemble repoussant. Un reportage de plus sur le golf et le beau temps, la longue file de voitures en février pour le lave-auto, l’impatience de beaucoup devant des employés très jeunes et la préoccupation de bien peu pour les populations de la bande de Gaza. Comment ne pas trouver tout cela détestable ? L’équilibre souhaité entre l’amour bienveillant et la colère sourde qui gronde s'échappe en quelques instants.

Une réponse se trouve en deux endroits : tout d’abord dans une amitié et chez le philosophe-empereur Marc Aurèle. Devant ce grand niveau de souffrance à l’égard des autres, un ami m’a simplement dit « Il y a des choses que tu peux accepter dans la vie et pas dans ta vie ». Ce raisonnement est la première moitié d’une grande réalisation. Ceci permet de garder l’amour et la volonté de comprendre avec profondeur et des nuances variées les autres. De trouver l’humanité et le beau, même derrière les épisodes les plus noirs, sans jamais oublier l’autre moitié du raisonnement. « Pas dans ta vie » signifie le respect de nos propres limites, un peu comme la frontière entre l’empathie et la sympathie. Comprendre profondément sans basculer est un équilibre difficile. L’intimité est un espace sacré qu’il faut préserver. La sagesse de ce raisonnement saute aux yeux.

La limite qui se trouve ici est que la réponse garde partiellement dans un état de souffrance. Il est difficile de se pardonner l’éloignement et surtout le fait que, fort souvent, les actions et croyances des gens dans l'intimité affectent beaucoup plus que ce que l'on voudrait. Pour dépasser ce mal-être considérable, une autre étincelle divine se trouve dans cette formidable phrase : « C’est le drame de la vie de Marc Aurèle. Il aime les hommes et veut les aimer, mais il déteste ce qu’ils aiment. » (p.310,l.25). C’est donc cette tension permanente entre le devoir de l’amour des hommes et celui de ne pas se laisser entraîner dans de fausses valeurs, les illusions, la médisance, dans les envies vides. 
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Ceci est donc comme une épiphanie :

-Toujours viser la compréhension sincère et profonde.
-Dresser des limites très claires entre la compréhension du monde et « ma vie » ce qui signifie l’intimité.
-Accepter que « mes murs » sont dressés devant les plaisirs vides, ce qui est vain, ce qui éloigne des vertus sans jamais pour autant cultiver des pulsions de mort.

En résumé : garder une forteresse, mais apprendre à ouvrir des portes sans laisser entrer trop d'éléments négatifs.

Cet équilibre est probablement la quête d’une vie. On ne peut que saluer les chances de rencontré des amis qui s'accompagnent d'une sagesse et que nos yeux se soient posés sur les écrits de l’empereur-philosophe.

Source: 

HALDOT, Pierre, La citadelle intérieure, Fayard, 1997 [1992], 386 pages

 
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Portrait de la population étudiante et amélioration de ma pratique

8/24/2023

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«Winning isn’t everything; it’s the only thing»
-Vince Lombardi, probablement le plus grand entraîneur de football américain
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Voici un travail que je réalise pour un cours d’université.

Voici trois billets audios qui contiennent des réflexions et des apprentissages par rapport aux contenus du cours. 
 
Je présente d’abord ici ce que je retire du portrait de la population étudiante à travers les lectures et mes années d’enseignement. On trouve ensuite un regard concret sur ce que je fais de bien dans ma pratique (quelques forces et réussites). Je termine par un billet audio qui porte sur des propositions claires pour améliorer ma pratique enseignante.  
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Le tout en trois capsules audios qui couvrent chacun des aspects du dernier module de mon cours. Bonne écoute! 

Regard sur les réalités étudiantes 

Sources de la partie : Réalités étudiantes 

Blackburn, M-E. (2018, 21 octobre). Les étudiants d’aujourd’hui dans le monde d’aujourd’hui. Dans Portail du réseau collégial du Québec. Repéré à  http://lescegeps.com/pedagogie/approches_pedagogiques/les_etudiants_daujourdhui_dans_le_monde_daujourdhui

Lucien, R. (2021). L'incroyable Histoire Sociale des Baby-boomers 1946 jusqu'à la génération Alpha 2010. Dans YouTube. Repéré à : https://www.youtube.com/watch?v=IxGKdr3Bdro&ab_channel=RoudnelLUCIEN
​

Carle, S. (2017). Voir autrement la réussite des étudiants au collégial. Pédagogie collégiale, 30(3), 34-43. https://eduq.info/xmlui/handle/11515/37435

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Ce qui va bien dans ma pratique 

Sources de la partie : Ce qui va bien dans ma pratique 

Doutreloux, E. et Bélec, C. (2022). Pourquoi encore parler d’inclusion ? Pédagogie collégiale, 35(2), 7-15. https://eduq.info/xmlui/handle/11515/38281  

Parent, S. (2018). Favoriser la motivation et l’engagement des étudiants… tout au long de la session. Pédagogie collégiale, 31(4), 3-8. https://eduq.info/xmlui/bitstream/handle/11515/37793/parent-31-4_0-2018.pdf?sequence=2&isAllowed=

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Transformation : partager mes vulnérabilités 

Sources pour la section sur le partage des vulnérabilités  

Bain, K. (2004), What the best college teachers do, Harvard university press, États-Unis
 
Bain, K. (2012), What the best college students do, Harvard university press, États-Unis
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Lenoir, Y. (2012). Réfléchir dans et sur sa pratique, une nécessité indispensable. Université de Sherbrooke.


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Dans le laboratoire

8/17/2023

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On me pose plusieurs questions :qu’est-ce qui se passe avec toi? Où étais-tu cet été?

Longue histoire courte : je suis dans le laboratoire.


Pour une année complète, je tente de m’améliorer et me réorganiser avec plus de temps de pratique, d’étude, de lecture, etc.

Pourquoi?
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Mes erreurs s’accumulent, les déceptions et j’ai l’impression de stagner. J'aime les autres, mais je dois admettre que les relations sociales m'apportent trop peu et me prennent beaucoup  trop.

Pour gagner en distance et en force, je retourne dans le donjon pour passer en « mode moine » et me concentrer sur ce qui est le meilleur à mes yeux. Des objectifs et des buts sont des choses intéressantes, mais au final c’est le temps de pratique qui compte le plus. Exemple d’objectif : « devenir meilleur au piano », il me faut alors définir ce que signifie meilleur et dans mon cas c’est souvent être capable d’interpréter des morceaux. 
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J’ai ce genre d’objectif pour mes quelques champs d’intérêt.

Une fois que les choix sont faits, ne reste plus qu’à trouver la « dose minimale effective » ce qui veut dire le temps de pratique minimal qui me semble toujours accessible. Par exemple : il y a des jours pendant lesquels je suis trop fatigué pour un entraînement… Est-ce que ma pratique physique tombe à l’eau pour autant? Non, puisque ma dose minimale est 10 pullups/10 squats/10 crunchs et 10 pushups en circuit. Une fois un circuit fait, il ne me reste qu’à répéter.

Il est fréquent que la « motivation » arrive après l’effort.

Est-ce qu’un seul circuit est un bon entraînement? Non.

Est-ce que je peux le faire chaque jour ? Oui.

Est-ce que 3650 pullups, squats, crunchs, pushups sont infiniment plus que la plupart des gens ? Oui!

Force est de constater qu’une fois mon circuit de réaliser je me sens stupide d’arrêter soudainement. Je confirme que bien qu’imparfait, 10 circuits de ce régime est un entraînement valide. Au piano c’est 5 minutes, la lecture c’est 10 pages et dans l’écriture c’est ½ page.

J’ai le privilège d’un « retour aux études » puisque mon employeur me paye des cours de perfectionnement à l’université pour améliorer mes enseignements. Au final c’est de me sentir plus compétent dans tout ce que j’aime.

Le défaut du « mode moine » est que je suis plus loin de la famille, des amis et de la vie amoureuse. C’est le prix à payer. C’est très confrontant devant les échecs et la progression parfois lente et je vise un retour en force plus actif dans 1 an.

Je suis curieux de savoir si quelqu’un à déjà essayé le « mode moine » ou l’équivalent? Quels sont les résultats et pour combien de temps?



Sources d’inspiration

L’idée du laboratoire ou du donjon me vient de David Goggins

Le concept de « dose minimale effective » me vient plus directement de Tim Ferriss. 

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Rôles et responsabilités de l'enseignant

7/31/2023

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L'enseignant comme jardinier 

On dit souvent que le professeur se doit d’être comme le jardinier. Il cultive et donne un environnement favorable, fait de son mieux et finalement se retire pour laisser la nature suivre son cours en faisant confiance dans la suite. Le module 2 du cours « Actualisation de sa pratique enseignante » me donne beaucoup de ressources et me plonge dans une réflexion sur mes rôles et responsabilités à titre d’enseignant.

Mon plus grand défi : ma personnalité fait parfois « trop d’ombre » à la classe et aux étudiants. C’est difficile à admettre, mais je suis un jardinier qui est maladroitement dans le chemin.
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Pour terminer cette analogie entre le jardinier et le professeur, je me permets d’ouvrir les réflexions sur un proverbe qui vient du monde arabe.

 « La nature de la pluie demeure la même, mais elle fait de la boue dans un marécage et fait pousser des fleurs dans un jardin. »

Le même enseignant, avec le même contenu, produit des effets parfois opposés sur des étudiants. Voici quelques brèves réflexions sur le module 2 du cours. 


L'importance sociale de l'enseignement et de la réussite

L’enseignement est une des fonctions les plus anciennes des sociétés. Il s’agit de transmettre des connaissances et des compétences, ceci est une évidence, mais l’éducation supérieure est un lieu d’intégration dans l’univers social et scientifique.  Pour plusieurs étudiants et étudiantes, l’école est le seul endroit qui permet de donner une perspective sur un futur très différent que celui proposé par le milieu social et familial d’origine. C’est donc un vecteur de « mobilité sociale » toujours vivant dans un milieu comme celui où j’enseigne. La raison même de la mise en place du réseau collégial est de permettre la mobilité sociale à une large part de la population.

Permettre le contact avec une variété de disciplines, avec la littérature, autant d'éléments qui font voyager autour du monde et dans le temps l’espace pendant quelques semaines. C’est certainement un moyen de se préparer au monde du travail et au développement du sens critique dans la société, mais l’éducation est d’abord et avant tout un exercice qui donne du pouvoir et permet de faire des choix sur sa vie.

En ce sens, le mot réussite se comprend vraiment autrement que dans une perspective de métier ou de rapport académique.


Quelques exemples significatifs
Réussir pour l’établissement c’est d’obtenir de bonnes notes. C’est parfois accéder à un emploi visé pour les gens des techniques, c’est souvent de poursuivre vers l’université. Mais c’est tellement plus.

C’est cette citoyenne qui me croise (dans une station-service) plus de cinq années après mon cours : « J’ai complètement changé la manière d’éduquer mes enfants et je vis bien avec mes choix différents de ceux des autres ».

C'est aussi : 
« j'ai recommencé à parler à mon père, merci! ». 

C’est cette personne qui découvre qu’elle est capable de se dépasser et de faire des présentations orales alors qu’elle se sentait ridicule il y a quelques semaines. Les aléas de la vie font qu’elle abandonne le cours, mais elle fonce vers un autre domaine, confiante qu’elle peut attaquer une variété de défis.

Plus d’un millier d’étudiants plus tard, les exemples sont innombrables des bienfaits des contacts avec l’histoire, la littérature, la philosophie, tout ce qui contribue directement à des réussites sociales et qui élève les âmes et les coeurs.  

La quête d'équilibre

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Source : Auteur inconnu[1], « Différence entre un triangle didactique et un triangle pédagogique », Prof innovant, en ligne : https://www.profinnovant.com/difference-entre-triangle-didactique-et-triangle-pedagogique/, page consultée le 30 juillet 2023
Le triangle de Houssaye me fait réaliser que je passe trop de temps dans la relation « savoirs-enseignant » au détriment des autres relations. Même si cette réalisation semble simple, je dois tenter de mettre en place des mesures concrètes pour couvrir l’ensemble des relations possibles dans le triangle didactique (je reviens concrètement sur cette faute dans les mesures concrètes qui se trouvent plus bas). 

Outil pour régler les questions éthiques (quand il y a des conflits de valeurs)


J’ai bien apprécié un nouvel outil disponible dans les lectures du cours qui permet d’aborder les tensions éthiques de manière structurée. Plutôt que de faire une simple répétition de la lecture, je vais présenter un cas vécu avec un étudiant qui est devenu un ami.

Un exemple : le cas d’un ami

Au fil des années, je me suis lié d’amitié avec plusieurs étudiants. L’un d’eux a fait des sessions intermittentes dans le collège pour cause de maladie. Au courant d’une session avec moi, il a appris qu’il avait une maladie grave. Pendant l’été suivant cette session, nous sommes demeurés en contact et, quand son état a dégénéré, j’ai fait partie de ses visiteurs à l’hôpital. À partir de ce point, une amitié s’est développée au point où j’ai passé du temps avec lui dans l’intimité (lire : prendre un verre et discuter longuement d’homme à homme). Sa maladie était incurable et seule la mort attendait le jeune homme.

Par un « miracle heureux », mon ancien étudiant et ami connaît une rémission fulgurante qui défie la science. Le premier problème : il poursuit ses études, le deuxième problème : il se retrouve dans un de mes cours optionnels. Je me suis donc retrouvé dans l’impossibilité de corriger ses travaux. Après plusieurs tergiversations nous avons été en mesure de mobiliser un autre professeur pour procéder à la correction des travaux et des examens de cet étudiant. Notre « relation » a fait en sorte que la correction était plus complexe, mais la relation pédagogique est demeurée intacte.


Malgré notre élégance pour négocier cette situation, il est clair qu’un outil comme ceux proposés dans Desaulniers, M.-P. et Jutras, F. (2016) aurait été d’une grande utilité. 
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Mesures concrètes à mettre en place dans ma pratique 
Dans les réflexions à venir, je vais certainement m’accompagner de l’outil éthique dans les tensions et situations vécues avec les étudiants et les collègues. Le principal mérite de l’outil est de permettre d’éclaircir les enjeux et de mener une démarche jusqu’au bout sans piétiner sur ou « tourner autour » des enjeux.

Pour le triangle didactique de Houssaye, je vais explicitement diviser des moments du cours pour chaque relation du triangle didactique. Dans mon cas précis, je n’accorde que trop peu de temps pour faire un retour sur la « relation d’apprentissage » telle que vécue par les étudiants. Suite à mes lectures, je crois que de présenter de quelle manière j’arrive personnellement à lire les textes proposés pour ouvrir des échanges sur les difficultés et défis rencontrés par les étudiants et étudiantes. Il me sera également possible de proposer des exercices formatifs sous la forme de questionnaire sur « comment on comprend un texte ou un exercice » (donc une activité méta cognitive) pour arriver à aider individuellement les étudiants qui sont isolés dans la relation d’apprentissage.  

Rapport aux collègues et aux devoirs de l'enseignant


Sur l'approche par compétence
Avec une formation plutôt classique et un rapport « au maître » plutôt traditionnel, j’ai tout d’abord été très fermé à la mise en place de « l’approche par compétence ». Ma principale crainte était que les savoirs soient évacués littéralement au profit des compétences en asservissant l’éducation au monde du travail. Avec le temps, les réflexions et les ajustements, je dois admettre que la combinaison « approche-programme » et « approche par compétence » donne une place très intéressante aux savoirs disciplinaires. Comme les compétences sont plus clairement balisées et mesurées et que tout repose sur une vision commune, les savoirs entourant les compétences se retrouvent renforcés.

Les compétences sont acquises à travers deux moments réflexifs intenses : d’une part de manière préalable pour comprendre l’historique, le comment, les rôles, les fonctions et le contexte de la compétence et d’autre part avec une métaréflexion sur la compétence dans un ensemble.  Il y a toujours une réflexion métacognitive pour garder un esprit critique dans l’acquisition des compétences (Carles, S. 2022.).

Autrement dit : ce que je craignais était que cette approche transforme les étudiants et étudiantes en exécutant qui sont formatés pour tirer des leviers. Je peux maintenant raconter l’histoire du levier, son rôle, celui de la machine, le contexte de travail et permettre une réflexion sur pourquoi et comment on tire le levier. Dans une certaine limite, l’approche par compétence permet une plus grande remise en question que la formation classique (
Dang Ngoc, T. Trâm. 2021).

Les superprofs


​Je ne peux passer sous silence le détour de plus que j’ai pris dans les apprentissages du module 2. Après la lecture de l’article sur les « superprofs de Magnan, L.-M. (2010) j’ai décidé de me procurer l’ouvrage de Ken Bain What the best college teachers do (Bain, 2004.) Je pourrais présentement écrire une dizaine de pages uniquement sur ce que je retire des résultats de cette enquête et sur le travail que j’ai à faire suite à la lecture de ce livre. Je vais me concentrer ici sur les quelques pistes qui sont les plus prometteuses pour moi.
  • Les meilleurs enseignants se concentrent toujours sur la question de savoir comment les apprentissages transforment les personnes dans le contact à la discipline, l’institution, le parcours scolaire, la vie en société, la vie personnelle et la future profession.
 
  • Les meilleurs enseignants accompagnent toutes les activités de questions fondamentales qui guident la science, l’éducation et le rapport au monde. C’est à la fois poétique, scientifique, artistique et relationnel. Par exemple, plutôt que de demander « que dit le texte qui était à lire? » on s’attardera sur « pourquoi les constats du texte sont ceux-ci? », « Qu’est-ce que ces considérations impliquent? » et « Que faire maintenant avec ce que nous savons? » ou même « Que croyez-vous qu’il est arrivé de X,Y ou Z? ».
 
  • L’importance capitale des apprentissages (par la relation pédagogique) modifie le regard sur le contenu et le déroulement des évaluations, les lectures, les discussions et la fondation même de toutes les activités.
 
L’idée est donc souvent de partager des réflexions similaires aux auteurs et aux classiques pour que les étudiants cheminent dans une réflexion semblable. Plutôt que de transmettre des savoirs ou des compétences, il s’agit plus d’insuffler une énergie qui motive à explorer le monde avec une nouvelle perspective.

 
Quelques moyens à mettre en place dans ma pratique 
Je vais désormais toujours ouvrir et fermer mes cours avec une question plus large avec une portée scientifique. Je vais faire écho aux questions posées par les pères fondateurs de la Sociologie et les réflexions que je demande en classe aux étudiants. Un autre moyen clair est que je vais maintenant faire un détour pour lier explicitement les réflexions de chacune des séances à un contenu extérieur au cours (une œuvre d’art, un film, un débat politique) pour que les étudiants mesurent mieux à quel point les savoirs, questionnements et compétences sont transposables dans plusieurs sphères de la vie en société. 

Bibliographie

Bain, K. (2004), What the best college teachers do, Harvard university press, États-Unis.

Basque, J. (2015). Le concept de compétences : Quelques définitions. Montréal, Canada : Projet MAPES (Modélisation de l'approche-programme en enseignement supérieur), Réseau de l’Université du Québec. Accessible en ligne sur le Portail de soutien à la pédagogie universitaire du réseau de l’Université du Québec : http://pedagogie.uquebec.ca

Carles, S. (2022) L’autonomie professionnelle, Collège Montmorency. 

Dang Ngoc, T. Trâm. (2021, 1 mars). Approche par compétences. Dans Blogue personnel.  https://bit.ly/3qIGbzb

Desaulniers, M.-P. et Jutras, F. (2016). Chapitre 5. Dans M-P Desaulnier et F. Jutras. L’éthique professionnelle en enseignement. Fondements et pratiques (p. 93-106). Presses de l’Université du Québec.

Lenoir, Y. (2012). Réfléchir dans et sur sa pratique, une nécessité indispensable. Université de Sherbrooke.

Magnan, L.-M. (2010). Ken Bain et les « superprofs » : une lecture à faire, Pédagogie collégiale, 23 (2), 33-34. http://eduq.info/xmlui/handle/11515/21776

Carles, S. (2022) Approche programme Collège Montmorency.
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Conseils pour se glisser dans le rôle de père

4/9/2023

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Voici un contenu spécial!

Un enregistrement audio sans montage avec quelques conseils que je donne à un ancien étudiant qui est en route pour devenir père. 

Voici un résumé des conseils : 

À partir du cliché « On ne naît pas père… »


I – Toujours agir comme un volontaire

II – Accepter que c’est une des plus grandes aventures

III – L’importance de faire la paix avec ton éducation /tes origines

IV – Cultiver avec trois objectifs ( richesse, stabilité, stimulation)

V – Quelques principes en rafale 
​

-Tout passe (ne pas obséder avec des détails)
-Vivre tes émotions, se montrer vulnérable et confiant  
-Transmettre quelque chose de plus
-Accepter l’expression inattendue de la vie
-Donner une idée claire de la réussite, chacun à sa mesure
-Faire quelque chose de difficile 
-La fin du rôle de parent


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Dans son regard

4/4/2023

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Il y a des souvenirs qui vivent pour l’éternité. Quelques moments avec les enfants qui suggèrent qu’ils incarnent tout ce que j’ai de meilleur. Je continue de croire que ce monde n’est pas vraiment prêt pour quelqu’un d’aussi gentil que mon petit dernier. Je ne crois pas vraiment que c’est à cause de mes efforts, je crois qu’il avait tout en lui, mais les plus beaux souvenirs de ma vie sont en sa compagnie et particulièrement quand il me renvoie des leçons que je tente de lui inculquer en étant nettement meilleur.  

Ce souvenir date de l’année dernière, lors d’une sortie scolaire. Je suis parent-accompagnateur lors d’une course à obstacles dans la boue. Je suis encore amoché de ma dernière course un ou deux jours avant, mais je saisis l’opportunité d’accompagner des enfants survoltés du primaire et une belle équipe de profs. Les petits sont en feu et l’activité déborde de vie. Je jette un œil vigilant sur mon fils de temps à autre, de loin, surtout pour lui envoyer le message : « Fais-toi confiance, tu es solide ». On échange quand même quelques paroles sans cérémonie : « Tu sais ce que tu dois faire », il hoche la tête le regard plein de défi et pose ses yeux sur l’horizon.
​
Le bon vieux « You got this ». 
​Le sens de la force

C’est une question éternelle entre nous, la plus fréquente… Quelle est la responsabilité de quelqu’un quand il est plus rapide, drôle, fort, rusé ou joyeux que les autres? La réponse que l’on se donne est que quand on a une longueur d’avance, on veille sur les autres. C’est un privilège de manifester des talents ou des compétences. La force ne prend son sens que dans le service du groupe. Il comprend, je sais qu’il est en feu. Je fais ce qu’il faut souvent faire comme parent : ne pas me mettre en travers de son chemin. Mon fils sait la place que je vais prendre : derrière le groupe, avec les plus vulnérables, les plus fragiles et ceux qui ont le pas lent.

La course s’enclenche sous les cris de joie. Après une distance relativement courte, on rencontre un bouchon devant un obstacle qui pose problème. Ce genre de course est sécuritaire, mais une prof me cherche. Un enfant a fait une vilaine chute d’un obstacle, il est avec elle, un petit gaillard avec un bras mou comme un spaghetti trop cuit. Ses joues sont mouillées de larmes, sa journée s’est terminée abruptement et quelqu’un doit le raccompagner à l’accueil. Je suis l’élu.

Je dois tenir le petit bras et c’est laid. Le petit membre semble cassé en deux endroits, la peau en est déformée. Le petit est apeuré et ne sait quoi faire de mes soupirs stoïques pendant le bref examen. Il a l’air brave, mais surtout inquiet. Je me positionne à sa hauteur.

« Est-ce que mon bras est cassé monsieur? » [Il m'appelle par mon prénom et moi le sien, mais je ne veux pas nommer l'enfant ici]

« On fera regarder ça par un docteur, ici et maintenant il se faut se concentrer sur le retour à l’accueil. »
Il comprend « Mais je peux te dire une chose, ce que tu as c’est comme une cicatrice et tous les grands guerriers en ont ». Il regarde son bras avec un éclair d’émerveillement, j’ajoute :  « Moi je pense qu’on va s’amuser quand même jusqu’à l’accueil ». Nous marchons ensemble, je maintiens son bras et chaque bosse est un test pour le petit. Il est touchant dans son combat, nous prenons finalement une pause qui, sans surprise, est pire que l’épreuve. Il a besoin d’énergie.


« Hey, je veux que tu penses à quelqu’un qui te fait du bien, quelqu’un qui console et qui donne de la force ». Il se redresse, fort et fier, les yeux sur la route qui nous reste.

« J’ai quelqu’un, monsieur! Il me console, je peux tout lui dire, il est brave et toujours là pour moi, c’est mon ami ». 

« Ok, tu le garde dans ton cœur et tu penses à lui quand c’est dur ».

Il marche brave et solide, puis lance : « Mon ami s’appelle Mathys » je suis scié.

« Tu sais quoi petit? »

« … »

« Je suis le père de Mathys »

Il s’illumine comme jamais, plus de larme, les fractures probables sont presque drôles et il a maintenant le courage de 10 personnes. « Je me sens tellement bien » qu’il chantonne parfois en me regardant avec fierté.

À l’accueil, nous sommes si proches que les responsables croient que c’est lui mon fils. Je dois le laisser entre des mains plus compétentes que les miennes.

Plus tard, j’ai bien retrouvé mon fils au bout d’un sentier. Il est coincé avec une équipe mixte en difficulté. Je les approche sans bruit et l’équipe est sur le point de tomber à la renverse. Ils doivent transporter un objet trop lourd et doivent se relayer ce qui fait que de reprendre l’objet sans arrêt est difficile. Tous se relaient sauf ce petit… le mien… Mathys courbe l’échine sous le poids, mais il fait tout pour stabiliser l’équipe et il lutte à chaque instant. Il est au bout de ses capacités. Je sors l’équipe de l’embarras après mon admiration de la lutte et pendant quelques minutes des enfants me posent des questions sur le petit qui est tombé en début de course.

Après quelques explications, mon fils est partagé entre ses sentiments, mais rassuré que son ami soit sauf. Essoufflé, il me demande finalement :  

« Pa, qu’est-ce que tu fais avec nous? » le regard constant.

On se comprend, il dépasse encore mes attentes.

Je termine pour lui : « Tu crois que quelqu’un pourrait avoir besoin d’aide? »

Il hoche de la tête, le regard lumineux: « Fais ce que tu dois faire Pa »

C'est dans son regard, dans sa fierté de servir en silence et de m'en demander autant que je sais qu'il porte quelque chose de merveilleux. 
​
Ma journée était faite et à ce jour cette médaille de participation est celle à propos de laquelle je suis le plus fier. Le monde n’est pas prêt pour quelqu’un d’aussi bon que lui.  

 

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Humble pie

2/5/2023

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Cette année je suis privilégié, je commence avec trois cours d’étudiantes et d’étudiants brillants et ouvertes. Je tente de plus en plus des moments de coopération en classe et jusqu’ici les résultats semblent prometteurs.
​
 J’écris ces lignes et pourtant je sais qu’il me manque quelque chose, que si je ne tente par quelque chose de radical je vais terminer avec une grande déception…

« Humble pie »

J’ai toujours aimé cette expression. Cette année, c’est mon tour de manger quelques pointes. L’humilité est une qualité qui manque souvent à mon personnage d’enseignant. 

​
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Crédit photo : AA
C’est difficile, mais il arrive que l’on doive changer notre personnage. Je crois être toujours resté bienveillant, c’est vrai, mais j’ai toujours gardé la peur que ma gentillesse passe pour de la faiblesse.  J’ai souvenir de mon état d’esprit enfant, quand l’intimidation a commencé pour moi, et je veux éviter de retomber dans cette dynamique. Pour plusieurs raisons j’entretiens la croyance que le fait de me montrer humble devant un groupe me fera prêter le flanc.  Cette attitude est probablement le produit de mes anciennes interactions, mais je reste le seul responsable.

Les dernières années sont trop difficiles pour que je garde le mode « Darth Vader-Terminator-Johnny Lawrence ».

Mécanismes de défense ou pas, il y a un prix à payer pour se présenter comme grandiose à la limite de l’arrogance. Je constate que depuis un certain temps la carte « grandeur » de mon personnage me coupe de plusieurs étudiants et étudiantes.

En plus, le temps des fêtes a été pénible. Janvier a été une longue descente pour mon personnage : plein de vieilles blessures, des inquiétudes, une incapacité physique à bouger comme je veux, des faiblesses de caractère et une fatigue générale intense.

Comment tirer profit de cette situation?

J’en profite pour tenter un exercice d’humilité. Je reste compétitif et j’aime faire rire, mais je vais ouvertement assumer mes limites et exposer une grande vulnérabilité.
 
Je fais donc le choix de célébrer une longue liste de malaises et de limites :
 
Comme la fois où j’ai mélangé Roxton Pond et le chemin Roxham.

Comme celle où un étudiant m’a repris sur la vitesse possible d’un moineau au badminton (il avait parfaitement raison sur les pointes de vitesse fulgurantes de ce sport).

Comme toutes les fois où je suis trop fatigué, faible, blessé ou juste paresseux pour faire ce que j’ai à faire.

Toutes les fois où je suis trop catégorique avant de réfléchir plus longuement à une question pour la nuancer.

Comme mes nombreuses fautes et mes tares de caractères qui sont visibles depuis l’espace.

Comme tous les cœurs brisés, même le mien, parce que je comprends avec beaucoup trop de lenteur les gens qui m’entourent.  

Pour toutes les blessures que je suis trop petit pour réparer.

Comme quand je fais une énorme faute au tableau.

Comme un alcoolique qui retombe au fond de sa bouteille et qui constate sa rechute.

Comme une paraphrase de Dan Bigras « Quand je serre les fesses plus fort que les poings ».  

Je n’avais pas le choix, tôt ou tard il fallait que je tente une session dans ce mode. C’est un exercice éprouvant pour moi parce que c’est montrer une grande vulnérabilité.

Dans l’espoir de terminer ce cycle et de trouver une manière de coexister avec le sauvage que j’étais, j’entame maintenant une grande marche silencieuse.

 
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    Auteur

    J'essaie d'inspirer chaque personne que je rencontre. À défaut, je la faire rire ou je l'ignore. Je suis professeur de sociologie au Cégep de Granby depuis quelques années. J'habite également mon corps et ne vois aucune contradiction à combiner la force de l'esprit et celle du corps. Dans le passé, j'ai occupé la fonction de représentant des organismes communautaires de l'Estrie. Mon objectif est de favoriser une prise de conscience par l'entremise de ma discipline et de mes expériences.

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